17/02/2013

A World Not Ours : Plongée au cœur d’un camp de réfugiés palestiniens

Le réalisateur dano-palestinien Mahdi Fleifel nous entraîne avec lui et sa famille dans un camp de réfugiés palestiniens au Liban

Evènements et festivals, Palestine

A World Not Ours : Plongée au cœur d’un camp de réfugiés palestiniens

Lorsque l’Etat d’Israël fut créé en 1948, des milliers de Palestiniens ont été forcés ou contraints de partir, la plupart d’entre eux finissant dans des camps de réfugiés. Ces camps sont désormais d’énormes villes surpeuplées construites sur un sol étranger, comme le camp Ain al-Hilweh au Sud du Liban, où le réalisateur dano-palestinien Mahdi Fleifel a grandi et où il retourne pour son documentaire A World Not Ours. Le film a récemment été projeté au Festival du Film de Berlin, dans la section Panorama Dokumente.

Le film, en partie autobiographique, retrace l’enfance du réalisateur et suit sa famille : ses parents ont passé une partie de son enfance à Dubaï, mais son grand-père et d’autres membres de la famille sont restés à Ain al-Hilweh (signifiant littéralement “doux printemps”, un nom bien ironique pour un endroit où s'entassent des personnes qui n’ont nulle part où aller). L’obsession qu’avait le père de Fleifel de tout filmer permet au documentaire de disposer de beaucoup de séquences vidéos authentiques.

Le grand-père grincheux du réalisateur, qui n’a jamais quitté le camp et qui y restera jusqu’à ce le peuple palestinien puisse retourner sur sa terre, est aussi présent, menant sa vie dans une routine quotidienne. Fleifel rendait aussi souvent visite à son amie Aby Iyad qui partageait avec le réalisateur (et la plupart du camp) une passion pour le football, la Coupe du monde étant un événement extraordinaire au cours duquel chaque Palestinien choisit un pays à soutenir.

Le film est tissé d’humour mais aussi de drames qui dressent un portrait complexe de la vie quotidienne du camp, fonctionnant comme n’importe quelle autre ville de 70.000 habitants, avec pour seule différence le fait qu’il est impossible pour ces personnes de quitter les murs de la ville – le réalisateur a pu sortir car il est né à Dubaï et possède des papiers danois – ou de trouver du travail en dehors du camp, ne leur laissant que l’espoir d’un meilleur lendemain.

Le documentaire a été produit par la société londonienne Nakba FilmWorks, dont le réalisateur est le copropriétaire.

 

Boyd van Hoeij

A World Not Ours - bande-annonce :

 

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