04/07/2013

Distribution et promotion des films arabes en discussion à Paris

Les professionnels du cinéma arabe se sont retrouvés pour une conférence organisée dans le cadre du festival Imag'IMA

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Distribution et promotion des films arabes en discussion à Paris

En marge du festival Imag’ima, organisé à l’Institut du Monde Arabe du 28 juin au 3 juillet, le Programme Euromed Audiovisuel a organisé une conférence sur la promotion et la distribution des filma arabes dans le monde, le lundi 1er juillet, en présence d’une soixantaine de professionnels.

Valerio Caruso (Euromed Audiovisuel) a présenté le réseau MEDIS, premier réseau de distributeurs du sud de la Méditerranée, crée grâce au soutien du Programme Euromed Audiovisuel. Le réseau, composé d’une trentaine de membres, a été créé pour favoriser la circulation des films arabes et européens dans la région euro-méditerranéenne, notamment à travers l’achat conjoint de films, l’échange d’informations et de bonnes pratiques.

MEDIS n’est pas la seule initiative du Programme. Catherine Buresi (Euromed Audiovisuel), a présenté le catalogue qui contient les fiches film de 130 œuvres récentes arabes et a annoncé le développement d’une application pour tablettes. « En réalisant le catalogue, nous avons constaté qu’un nombre important de films n’ont pas de vendeurs. Un des obstacles pour la circulation des films arabes est bien l’absence d’un vendeur international », a-t-elle conclu.

Lucas Rosant (Marché du Festival de Dubaï) a abordé son expérience au sein du DIFF, principalement dédié au cinéma arabe et les résultats de diverses études. Les films arabes s’exportent peu d’un pays à l’autre et le nombre de coproductions sud-sud reste limité. Lucas Rosant a fait cependant remarquer que les films coproduits étaient aussi ceux qui étaient le mieux distribués. La co-production reste le moyen le plus efficace pour garantir une distribution sur plusieurs territoires. Un fond pan-arabe ou régional, qui entrainerait une hausse des coproductions, serait donc le meilleur instrument pour favoriser la circulation des films de la région.

Daniel Ziskind (Zad Communication) a présenté son expérience dans la promotion et la vente de films égyptiens. Selon lui, la promotion est un travail de tous les jours, un travail minutieux qui nécessite une pratique des circuits professionnels et une connaissance des acteurs. Les pouvoirs publics (nationaux et européens), peuvent favoriser l’émergence de ces figures professionnelles, qui existent de manière insuffisante dans les pays arabes. Le problème de pays du Sud est également l’absence d’attachés de presse, a-t-il remarqué en guise de conclusion.

L’analyse des donnés de Cinando, présentée par Jérôme Paillard (Marché du Film du Festival de Cannes - MIF) montre que les films arabes ne sont pas sous représentés par rapport aux autres régions du monde. Par contre, ces films ne sont pas convenablement promus et montrés. « Pour une promotion efficace, il est nécessaire de mener un travail minutieux de mailings, d’invitations personnalisées à des projections, un travail constant avec les journalistes pour la mise en avant des films », a déclaré le directeur du MIF. Jérôme Paillard a également présenté le marché Ventana Sur, exemple de marché régional mis en place grâce au soutien du Programme MEDIA Mundus et du Marché du Film de Cannes. L’exemple latino-américain montre que la pratique d’une même langue n’est pas une garantie suffisante pour une meilleure circulation des films. Les pays latino-américains souffrent du même problème de circulation dont souffrent les pays arabes ou européens. Les co-productions sont le meilleur moyen pour la circulation des films. C’est la raisons pour laquelle Ventana Sur a mis en place un marché de coproduction.

La conférence a été l’occasion de présenter quelques bonnes pratiques de politiques publiques. Jacqueline Ada (CNC) a détaillé le soutien français à la distribution de films non-nationaux et à l’exploitation. Sur la période 2011-2012, le CNC a distribué 250.000€ pour soutenir la sortie de 33 films (en moyenne 8.000€ par film), une aide importante puisque le coût moyen d’une sortie d’un film avec 40 copies se situe autour de 100.000€.

Un autre exemple de politique de soutien efficace a été présenté par Menem Richa (Europa Cinemas). Menem Richa a expliqué les résultats obtenus pour structurer les secteurs de la distribution et de l’exploitation au cours des Programmes Euromed Audiovisuel I et II. Il a fait remarquer qu’on ne peut pas commercialiser un film dans le monde sans avoir de vendeur, et que la salle est le premier lieu d’exposition du film. Pour Menem Richa, la solution de la distribution et de la promotion des films arabes doit venir du monde arabe. Les programmes type Euromed Audiovisuel ne peuvent venir qu’en appui à des initiatives locales.

La conférence n’a pas négligé les nouvelles formes de distribution online. Comme l’a montré Dragoslav Zachariev (Univercine / Eurovod),  la VoD est un marché en expansion. Uniquement en France, le chiffre d’affaires de la VoD est de 200 millions d'euros. La plus grande partie du chiffre d’affaires est réalisée grâce à l’IPTV (qui s’octroie 93% des parts de marché en France par exemple). Il est important pour les producteurs arabes d’entrer dans ce marché et de vaincre la frilosité à céder les droits d’exploitation VoD. L’exemple de la plateforme Univercine Belgique montre que, grâce à une importante diaspora marocaine, l’offre de films arabes trouve un public attentif.

Plusieurs participants ont indiqué comme priorité l’importance de favoriser la présence des producteurs arabes sur les marchés et de les aider à mettre en place une stratégie de vente. La promotion ne peut pas s’opérer tout azimut, il faut cibler les marchés et les festivals, dévoiler des images du film de manière progressive, constituer des relations privilégiées avec les acheteurs et organiser des séances de projection pour une sélection de distributeurs et de journalistes.

Beaucoup de participants ont fait remarquer, enfin, qu’il est important de soutenir les petits festivals thématiques, qui sont un lieu privilégié de découverte et de promotion des films arabes.

 

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