01/09/2013

Bethlehem : double jeu et amitié impossible

Yuval Adler présente à Venise un récit sur la relation complexe entre un agent israélien et un jeune informateur palestinien

Evènements et festivals, Israël

Bethlehem : double jeu et amitié impossible

On voit dès la première scène de quelle étoffe est fait Sanfur, le jeune héros de Bethlehem, premier long métrage de Yuval Adler. Il y défie en effet un groupe de jeunes de son âge à tirer sur lui alors qu'il porte un gilet pare-balles usé.

C'est qu'il est le petit frère d'Ibrahim, un combattant palestinien recherché, et il doit prouver qu'il n'a peur de rien ni de personne. Il vit dans l'ombre de son aîné : il le soutient dans ses actes terroristes en lui transférant de l'argent, mais on découvre vite qu'il a une double face, parce qu'il aide aussi les services secrets israéliens à traquer Ibrahim.

C'est le rapport entre Sanfur et l'agent israélien Razi, qui l'a recruté comme informateur quand il n'avait encore que quinze ans, qui est au centre du film d'Adler, une coproduction israélo-germano-belge sélectionnée aux Journées des auteurs - Venice Days de la 70ème Mostra de Venise.

Razi fait une confiance aveugle à Sanfur, quitte à s'opposer à ses supérieurs quand, après avoir découvert son double jeu, ils n'hésitent pas à ordonner de le sacrifier pour arriver à Ibrahim. À partir de ce moment, Razi aussi se met à mentir, pour sauver la vie de Sanfur. Cependant, quand Ibrahim est finalement retrouvé et assassiné, son frère se trouve contraint de le venger.

En plus d'être une histoire d'espionnage bien documentée qui renseigne le spectateur non seulement sur le fonctionnement des services secrets israéliens mais aussi sur les contradictions des combattants palestiniens du Hamas (dans une scène, on les voit même se disputer la dépouille du « martyr » Ibrahim), Bethlehem est un drame psychologique qui met ses deux protagonistes face à des dilemmes moraux impossibles à résoudre.

Razi est comme un père pour Sanfur, et le jeune homme accepte ses attentions parce qu'il a besoin de lui, et que l'affection entre eux est sincère.

« Il n'y a pas de métaphores dans mon film », a expliqué le réalisateur au public de Venise quand les applaudissements se sont taris. « Le film raconte des histoires individuelles comme nous en avons entendues pendant quatre ans en faisant nos recherches », a-t-il précisé.

« Nous voulions parler de ces hommes qui participent au conflit, même s'ils ne sont pas en première ligne. Ce sont les répercussions du conflit sur leurs vies qui nous intéressaient », a ajouté le co-scénariste du film, le journaliste Ali Waked, correspondant à Ramallah et Gaza depuis plus de dix ans.

Les acteurs principaux, Tsahi Halevy et le jeune Shadi Mar'i, sont tous les deux des amateurs, de même que Hitham Omari, qui conduit dans le film les brigades palestiniennes.

« Dans la vie, je suis caméraman pour le journal télévisé, a expliqué ce dernier, or quand j'ai lu le scénario, je l'ai trouvé fidèle à la réalité. Rien n'est noir ou blanc dans ce conflit, tout n'est qu'une zone grise qu'il faut explorer. » 

 

Source : Cineuropa

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