04/04/2014

Le Challat de Tunis, Jack l’éventreur made in Tunisia au cinéma

Le premier long-métrage de la réalisatrice Kaouther Ben Hénia sort cette semaine dans les salles tunisiennes

Industrie, Tunisie

Le Challat de Tunis, Jack l’éventreur made in Tunisia au cinéma

Pour son premier long-métrage de fiction El Challat (Le Challat de Tunis), la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hénia revient durant 90 minutes sur un fait divers de 2003. Il s’agit de l’histoire d’un « balafreur » en série qui avait défrayé la chronique, rapporte JetSetMagazine.

Eté 2003, un homme sur une moto, une lame de rasoir à la main, rode dans les rues de Tunis. Il s’est donné pour mission de balafrer les plus belles paires de fesses des femmes qui arpentent les trottoirs de la ville. On l'appelle le Challat.

Figure mystérieuse et insaisissable, le Challat génère passions et tensions. L’Etat en profite alors pour lancer une campagne « de bonnes mœurs » et faire planer le doute d’un possible retour des islamistes, dans une Tunisie qui, pourtant, depuis son indépendance, avait réussi, mieux que ses voisins, le pari de la modernité en émancipant ses femmes.

Pour raconter cette histoire, Kaouther Ben Hénia a choisi la dérision en concoctant une fiction qui « emprunte les codes du documentaire d’investigation où un réalisateur cherche des preuves pour son dossier d’enquête », explique la réalisatrice.

« La forme du film m’a tout de suite suggéré un ton humoristique avec une teinte d’ironie. La situation était bien assez noire pour supporter un traitement larmoyant. Je voulais que mon film soit à l’image de cette Tunisie qui pratique sans cesse l’autodérision pour préserver son espoir en un avenir meilleur ».

affiche-challat

« L’enquête du Challat est minée par des mensonges qui, à leur tour, dévoilent d’autres vérités. Le Challat de Tunis est à l’image d’un grand jeu de piste où au détour de chaque bifurcation il y a une histoire (vraie ou fausse) qui nous renseigne plus sur le réel », continue la réalisatrice dans sa note d’intention. Elle y joue son propre rôle, celui d’une réalisatrice qui mène l’enquête. Kaouther Ben Hénia maîtrise et son sujet et sa manière de le traiter. Il s’agit ici de faire deux reconstructions simultanées : celle de la fiction et du traitement filmique par le truchement du genre documentaire.  

Avec humour, Le Challat de Tunis raconte les dessous d'un fait divers devenu légende urbaine et dresse le portrait d'une société tunisienne en pleine effervescence où les hommes semblent peiner à trouver une place et où le corps féminin reste un enjeu politique de taille.

Le Challat de Tunis a bénéficié d’aides à l’écriture (CNC, Fonds Sud, AFAC…), à la production (Doha Film Institute, Georges en Suisse…), à la post-production (ministère de la culture tunisien, Enjaaz…), et a été développé dans le cadre des formations EuroDoc, EAVE Dubai et FidLab.

Produit par Cinétéléfilms (Tunisie) et Sister productions (France), le film est sorti sur les écrans tunisiens ce 1er avril.

Pour toutes les actualités relatives au film, veuillez consulter la page Facebook du film.

 

Sources : JetSetMagazine, Africultures, dossier de presse

 

Le Challat de Tunis – bande-annonce : 

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