22/07/2014

Le long-métrage Eyes of a Thief de la réalisatrice palestienne Najwa Najjar est prêt pour sa sortie

Après six ans et beaucoup d'efforts, Najjar attend maintenant de connaitre où aura lieu la première mondiale de son film Eyes of a Thief

Palestine

Le long-métrage Eyes of a Thief de la réalisatrice palestienne Najwa Najjar est prêt pour sa sortie

Après six ans d'attente, les spectateurs vont enfin pouvoir découvrir le second film de Najwa Najjar, rapporte Alex Ritman pour le quotidien anglophone des Emirats arabes unis, The National.

En 2008, le Festival International du Film de Dubaï (FIFD) avait présenté en avant-première mondiale Grenades et Myrrhe, le premier long-métrage de cette cinéaste palestinienne, connue à l'époque pour un nombre de courts-métrages dramatiques et de documentaires qui avaient été fort bien accueillis par la critique.

Grenades, un drame familial, émotionnel qui se déroule dans la ville de Ramallah sur fond d'occupation israélienne omniprésente et subversive, a depuis voyagé à travers le monde, accumulant plus de 80 invitations de festivals et raflant au passage une impressionnante collection de récompenses. Ce parcours a été suivi par un certain nombres de sorties en salles sur la scène internationale et s'est avéré être pour la cinéaste une formidable introduction qui l'a propulsée au centre de la scène internationale comme réalisatrice palestienne à ne pas manquer.

Beaucoup de choses ont changé depuis 2008. Le FIFD, alors à sa cinquième année, célèbrera en décembre sa 11ème édition. Le Doha Tribeca Film Festival, où Grenades avait été récompensé par le prix du meilleur Film Arabe, n'existe plus.

Mais heureusement, la longue attente d'un second volet arrive bientôt à sa fin. 

Eyes of a Thief, un drame psychologique qui se déroule en Cisjordanie débute au plus fort de la révolte palestienne de 2002 avant de faire un bon en avant et de revenir à l’heure actuelle. Le tournage du film s'est bouclé l'année dernière. Le montage est maintenant terminé, le film est enfin prêt à affronter le verdict du public.

« C'est un thriller psychologique qui raconte l'histoire d'un père, possesseur d’un secret dangereux, qui est à la recherche de sa fille », révèle Najjar.

Au Festival de Cannes, le film a suscité auprès des vendeurs internationaux un intérêt considérable. Le long-métrage est coproduit par l'Algérie et l'Islande : plusieurs membres islandais de l'équipe de tournage étaient présents en Palestine pendant les 25 jours de tournage.

« Le tournage a principalement eu lieu à Nablus où, tous les soirs, l'armée israéliennes faisait des incursions sur notre tournage », raconte Najjar, mettant ici en lumière un problème que peu de cinéastes dans le monde connaissent. « Je me souviens d''un moment où des coups de feu ont éclaté, l'équipe islandaise nous a demandé ce qui se passait. « Oh, ce n'est qu'un mariage », leur avons-nous répondu en plaisantant - mais c'est bien sur, une très grande responsabilité.  Il est essentiel de s'assurer que tout le monde est en sécurité, c'est pour cette raison que nous nous étions, avec toutes les équipes concernées, préparés pendant presqu’un mois. »

Outre le souci de vivre sous occupation, la situation la plus problématique pour Najjar était de faire venir en Cisjordanie son acteur principal, la star égyptienne Khaled Abol Naga.

Il est très difficile pour un acteur arabe d'obtenir l'autorisation de travailler dans le pays. Après un retard de deux semaines, le permis de Khaled a finalement été validé, indique-t-elle. « Au stade de la préproduction, nous ne savions toujours pas s'il allait pouvoir venir. Mon producteur a fini par aller voir Khaled qui attendait en Jordanie ; il nous a alors informé que le permis ne semblait pas être en bonne voie. Au téléphone, il m'a dit qu'il restait toutefois optimiste. Deux jours plus tard, le permis était finalement accordé. Vous auriez du entendre les cris de joie de l'ensemble du casting et de l'équipe lorsque la nouvelle est arrivée. »

Au côté des membres de l'équipe islandaise, Najjar a ajouté 11 chefs de poste palestiniens à la production. « Une véritable industrie à nous seuls ! » s'exclame-t-elle. « L’équipe palestinienne n'avait aucune expérience préalable mais tous se sont comportés en vrais soldats. Ils étaient prêts à donner leur vie pour le film. »

Najjar attend maintenant de savoir où la première de Eyes of a Thief aura lieu, mais le film devrait vraisemblablement être présenté dans un des grand festivals qui se tiendra dans les prochains mois.

« Si la situation en Palestine le permet, nous espérons pouvoir y faire notre première nationale en août », indique-t-elle.

Et bien que rien n'ait encore été confirmé, ses fans aux Emirats Arabes Unis devraient rester en alerte. Une partie du financement du film a été accordée par le Dubai Film Connection, un détail qui pourrait bien laisser entendre que le film pourrait être présent en décembre au FIFD.

Espérons que nous n'aurons pas encore à attendre six ans avant que Najjar revienne nous voir. La 17e édition de FIFD nous semble encore bien loin.

 

Source: The National

Traduction : Véronique Bettini

 

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