16/09/2014

Six ans après la sortie de Mascarades, le réalisateur algérien Lyès Salem présente L'Oranais

Le film, qui revient sur 30 ans de politique et de vie sociale en Algérie, sera distribué dans les salles algériennes et françaises en novembre

Algérie

Six ans après la sortie de Mascarades, le réalisateur algérien Lyès Salem présente L'Oranais

Six ans après la sortie de Mascarades, Lyès Salem change de registre et propose avec L’Oranais un film dramatique et engagé, revenant sur 30 ans de politique et de vie sociale en Algérie, rapporte Vinyculture.

Avec un cast impeccable, où Lyès Salem tient le premier rôle, aux cotés de Khaled Benaïssa, Amel Kateb et Idir Benaïbouche entre autres, le film débute avec la sortie en voiture de deux amis, Djaffer (Lyès Salem) et Hamid (Khaled Benaïssa), qui après avoir échappé à une embuscade de l’Armée française, rejoignent les rangs de l’Armée de Libration Nationale (ALN).

Les événements s’enchaînent et se superposent dès lors, entre l’indépendance, le prix à payer pour celle-ci et les premiers changements de comportements des anciens combattants, aliénés par l’ivresse du pouvoir.

La corruption, la falsification de l’Histoire, la cause berbère, les services secrets, l’arabisation et beaucoup d’étapes clés de l’Algérie contemporaine sont évoquées, souvent avec humour (ne pas rater la scène sur l’arabisation) et mettent en avant, selon Lyès Salem, « le constat d’échec de la période post-révolution et non de la révolution en elle-même ».

Mais le film se concentre surtout sur les histoires humaines, celles d’amis, amenés à se séparer tragiquement, d’une famille déchirée, et de petits sacrifices qui côtoient les grandes envies égoïstes.

Rarement un film algérien aura traité aussi crûment de nombreux sujets restés longtemps tabous et ce, d’une si belle manière. Pas de place au ton faux ou à un mauvais jeu d’acteur, la partition est jouée avec brio par l’ensemble des acteurs, avec mention spéciale à Khaled Benaïssa, méconnaissable dans le rôle de Hamid.

La bande-originale joue du riche patrimoine de l’Algérie pour reprendre des musiques judéo-maghrébines, et utiliser le rôle de guest d’Amazigh Kateb à bon escient.

Sur plus de deux heures de film, L’Oranais se balade entre plusieurs registres et plusieurs histoires, sans jamais perdre le fil, celui menant à la scène finale, où une Algérie rêvée et un passé assimilé ne semblent pas si loin.

L’Oranais sera distribué en Algérie et projeté au grand public à travers le réseau de la cinémathèque et d’autres salles de cinéma du pays, quelques jours avant sa sortie française prévue le 19 novembre prochain.

Source : Vinyculture

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