13/09/2012

Ibrahim El Batout, réalisateur égyptien de Winter of Discontent

« Je me suis dit que je devais faire un film, quel que soit ce film »

Evènements et festivals, Égypte

Winter of Discontent d’Ibrahim El Batout a été projeté la semaine dernière en compétition de la section Orizzonti du 69ème Festival du Film de Venise. Le long-métrage, un entrecroisement des vies d’un crack de l’informatique activiste et torturé, d’un officier de sécurité étatique et d’une présentatrice de télévision, se déroule durant et juste après la révolution égyptienne. Le film met en vedette Amr Waked, qui a également produit le film. Euromed Audiovisuel les a tous les deux rencontré. 

Ibrahim El Batout

« Pendant la révolution, le 17ème jour, c’est-à-dire le 10 février, je suis allé sur la place et j'ai été choqué tant culturellement que humainement. [...] Les émotions suscitées étaient très contradictoires. Je me suis dit qu’il fallait agir, que je devais faire un film, quel que soit ce film. »

« Je ne fais pas des films avec un script. [Waked] a aimé cette idée, a eu confiance et a fait le film. Nous n’avons pas travaillé avec les phases de développement décrivant une méthode, un synopsis, où vous commencez, modifiez et ajoutez ... Nous voulions simplement faire un film, nous y sommes allés, et nous avons fait ce film. »

« Les acteurs que nous avons dans le film sont vraiment - ce n'est pas un compliment – de grands acteurs. Vous pouvez les surcharger de tâches, ils s’en sortiront toujours. La méthode était simple, la méthode a été de maintenir une pression maximale sur le plateau pour permettre de développer un dialogue lorsque nous tournions, et je pense que cela leur a permis de véritablement s’approprier leurs personnages. »

Amr Waked

« D'une certaine manière, cette révolution a déclenché la créativité des artistes égyptiens, à commencer par les dessins sur les trottoirs, les graffitis sur les murs, les poètes et les musiciens ... Tout était si vigoureux sur la place tous les jours qu’on se sentait jaloux. Ca donnait e sentiment de vouloir faire quelque chose aussi, de créer quelque chose pour ces gens. »

« Je n'aurais pas été aussi excité par un projet similaire si il avait eu lieu à un moment différent et si ce n'était pas avec Ibrahim - Ibrahim est un correspondant de guerre. C'est un gars qui raconte une histoire sous pression, en vertu du danger, en cinq minutes, et il a une grande justesse. Son talent a été le pilier sur lequel nous nous sommes tous appuyés, et nous avions la confiance totale que quel que soit le résultat [...] il serait enrichissant. »

« Montrer le film de Venise a été vraiment enrichissant et gratifiant ... C'est pourquoi nous faisons des films : pour avoir un public réagissant comme cela. »

 

Interview en anglais

 

Winter of Discontent - Télécharger le kit presse [pdf - anglais]

 

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