Première conférence régionale, Tunis 14, 15 novembre 2011

Résumé

Les deux jours intensifs de conférence ont compris une vaste série de tables rondes autour des questions les plus significatives de la région, avec la participation de professionnels de renom. Après une présentation officielle du programme et de ses diverses composante, Chrystelle Lucas, manager du programme, a lancé 48 heures de discussions ferventes et d’analyses.

Afin d’établir l’objet de la conférence, une présentation du cinéma et du paysage audiovisuel analysant les besoins des pays Euromed a suivi. Plusieurs d’entre eux ont été présentés par différents orateurs du secteur, sous la modération de Renate Roginas, chef d’équipe de l’Unité de Renforcement des Capacités (CDSU).

L’importance de la collecte de données a été soulignée par André Lange (Observatoire Européen de l’Audiovisuel) ainsi que par Sahar Ali (experte en statistiques du CDSU) qui a présenté ses activités sous la supervision de cette organisation.

Le reste de l’après-midi a été consacré aux questions financières posées dans ces régions. L’analyse des outils financiers de soutien à la production du Sud et l’encouragement des coproductions Sud/Sud et Nord/Sud ont notamment été abordé. Les représentants des organismes de financement majeurs, tels que Dora Bouchoucha (Centre National de Cinématographie/Fonds Sud) et Vincenzo Bugno (World Cinema Fund), parmi d’autres, ont dessiné une image claire et complète des financements disponibles. Cet exposé a été complété par une présentation des études en cours sur « la typologie de mécanismes de soutien financiers apportés aux pays du Sud » et « un recensement des coproductions », développés par les experts chargés d’études Linda Beath et Lucas Rosant.

Après un jour intense, les participants ont continué leurs discussions lors d’un cocktail dinatoire et étaient ensuite invités à découvrir Rouge parole, un film d’Elyes Baccar, tourné au cœur du printemps arabe en Tunisie.

La deuxième journée de conférence s’est ouverte par le traitement de la problématique cruciale de la promotion et de l’accès au marché du film pour les professionnel, tout aussi bien longs et courts métrages que documentaires. Il fut aussi question de l’accès aux festivals et de la promotion planifiée pour la prochaine Berlinale, avec une attention particulière cette année pour le documentaire arabe.

Une présentation nécessaire de la base de données légale du Programme Audiovisuel Euromed III a été alors exposée et fut suivie du retour à la question fondamentale de la manière de ramener le public au cinéma. Modérée par Valerio Caruso (Unité Régionale de Monitoring et de Support, RMSU), les représentants de la Cineteca de Bologne ont abordé dans cette discussion la question essentielle de l’éducation à l’image.

Un panel sur la distribution et les salles de cinéma a suivi, dans lequel les experts ont fait un état des lieux de la question, notamment de la VOD (vidéo à la demande), de la numérisation, de l’évolution 3D et des perspectives de développement, modéré par Menem Richa (Europa Cinemas). Une attention particulière a été également accordée aux fonds régionaux et aux commissions, mettant en évidence les meilleures pratiques et analysant les exemples de Cine Regio, de la Royal Film Commission (Jordanie), ainsi que des réseaux de la European Film Commission.

Un débat a ensuite eu lieu autour du rôle de la télévision et des journalistes dans le financement des œuvres cinématographiques et audiovisuelles. Les experts Giacomo Mazzone (Union des radiodiffuseurs européens) et Mustapha Mellouk (Directeur général, Casablanca Media Partners) se sont notamment demandés dans quelle mesure ceux-ci peuvent être des partenaires pour des producteurs du Sud.

Le panel final a abordé la question cruciale du cinéma arabe au milieu des révolutions. Un vaste groupe de cinéastes arabes, modérés par Hala Alabdalla (réalisatrice, Syrie) a débattu de la « nouvelle vague » du cinéma arabe. Les discussions se sont centrées sur la façon de profiter de la prise de conscience générale et de la solidarité professionnelle pour renforcer la création. Les cinéastes se sont aussi demandés si le documentaire pourrait en particulier être un moyen idéal d’expression et de résistance. La conférence a pris fin avec le partage des avis, expériences et souhaits des cinéastes ainsi que la vive participation des participants et des invités.

La Commission européenne a clôturé l’événement en soulignant les points cruciaux ayant marqué la conférence, tels que l’importance de la jeunesse pour le paysage cinématographique à venir et l’importance essentielle du travail avec la télévision. Chrystelle Lucas, manager du programme, a conclu en insistant sur l’importance pour Euromed Audiovisuel III de soutenir la coopération du Sud/Sud et ainsi d’aider la région dans la fabrication d’un cinéma authentique et reflétant sa propre identité. Après deux jours d’échanges et de débats instructifs, les discussions enthousiastes ont continué tout au long du diner de clôture, conférant une saveur authentique au Programme Euromed Audiovisuel III nouvellement lancé.

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