21/12/2011

Vincent Melilli, directeur de l’ESAV Marrakech et Directeur du projet Dia Sud Med

"Il existe aussi des formations d’excellence au Sud"

Activités des Contracts de Subvention, Maroc

Vincent Melilli, directeur de l’ESAV Marrakech et Directeur du projet Dia Sud Med
Installée à Marrakech, l’Ecole Supérieure des Arts Visuels (ESAV), l’une des rares écoles de cinéma en Afrique, a fêté ses cinq ans en 2011. L’occasion de faire un premier bilan sur cet établissement qui défend une certaine mixité et souhaite recruter des deux côtés de la Méditerranée.

L’ESAV se présente comme un établissement privé à vocation de service public. Qu’est ce que cela signifie ?
C’est un couple de mécène suisses, les Biedermann, qui est à l’origine du projet. Lui était architecte et elle graphiste. Ils ont créé un lieu d’exposition à Marrakech et un atelier d’expression artistique pour les enfants. L’école est organisée en société anonyme financée avec les capitaux de la fondation suisse Susanna Biedermann. Celle-ci a financé la construction de l’école, son équipement et assure son fonctionnement, sans gagner d’argent. L’université Cadi Ayyad de Marrakech a donné le terrain. Cette fondation souhaite conserver un esprit de mixité sociale et culturelle à travers un système de bourses qui bénéficient à la moitié des élèves. Le montant des bourses s’échelonne entre 25% et 100% des 5.000 € de frais annuels de scolarité.


Qui sont les intervenants ?
Nous recevons beaucoup d’étrangers, surtout des professionnels français et belges qui enseignent en français. L’école a des relations suivies notamment avec l’INSAS à Bruxelles, la FEMIS à Paris et l’ESAV de Toulouse, sous forme d’ateliers ou d’échanges d’étudiants. Les programmes de nos formations ressemblent à ceux de ces écoles.


L’ESAV organise une dizaine de concours sur le continent africain mais aussi à Paris. Comment en êtes-vous venu à organiser un concours en France ?
C’est une suggestion de cinéastes Africains qui ont bénéficié de bourses pour se former en France. Ils ont souligné l’intérêt d’avoir bénéficié d’un environnement multiculturel et nous ont aussi suggéré d’inverser la tendance qui consiste à venir se former du Sud vers le Nord. Il existe aussi des formations d’excellence au Sud. En 2011, nous avons eu dix candidats à Paris et retenus cinq élèves, quatre Français et un Britannique. Nous ne cherchons pas à faire du chiffre. Une ouverture qui permet, outre une diversité sociale et culturelle, de créer des réseaux professionnels des deux côtés de la Méditerranée.


Comment s’insérent les diplômés sur le marché de l’emploi ?
La filière graphisme n’ayant ouvert qu’il y à deux ans, je ne peux parler que de l’insertion des élèves de la filière cinéma. Cette dernière est à la fois très bonne et difficile à évaluer car la plupart des diplômés travaillent en free-lance. L’industrie du film au Maroc est assez riche pour absorber nos promotions. On compte une quinzaine de long-métrages et une cinquantaine de court-métrages produits chaque année, sans compter les films de publicité et les tournages de films étrangers. C’est un marché dynamique, avec un besoin de main-d’œuvre qualifiée. Et plusieurs films des étudiants de l’ESAV ont été primés dans des festivals internationaux.


Quels sont vos projets d’actualité ?
L’ESAV vient de remporter un appel à projets de la Commission européenne, baptisé DIASUDMED. Il s’agit d’un atelier d’écriture transmédia organisé sur trois ans, en coopération avec deux autres écoles, l’ISAMM en Tunisie et l’ALBA au Liban. Chaque école fait travailler dix binômes d’étudiants sur ce projet d’écriture collective qui intègre les contraintes d’une production multimédia. Au final, les projets les plus prometteurs seront développés sous forme de bande-annonce afin d’aider les étudiants à trouver des financements.
Ces nouveaux projets transmédia comme les web documentaires ou les web séries peuvent constituer une réponse à la crise de la diffusion du cinéma dans notre région. Car cette crise nous pose question sur la capacité de l’industrie à absorber nos diplômés à moyen terme. En réponse à la fermeture de nombreuses salles de cinéma, le numérique peut permettre une diversification des programmes et donc relancer l’exploitation.

 

Source : EducPros.fr

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