07/03/2012

Un western arabe s’attaque au sujet des crimes d'honneur

Euromed Audiovisuel a rencontré Jean-Claude Codsi, dont le film « Un homme d'honneur » a été projeté en avant-première hier à Beyrouth

Liban

Tuer pour sauver l'honneur de la famille. Une coutume encore répandue au Moyen-Orient, où dans certaines tribus une jeune femme soupçonnée d'avoir perdu sa virginité avant sa nuit de noces entache l'honneur familial et doit être éliminée, généralement par son frère ou son père.

Dans le dernier film de Jean-Claude Codsi, Un homme d'honneur, Brahim sauve une jeune femme en tuant l’homme qui s’apprête à assassiner cette dernière. Dix-huit ans plus tard, après l’avoir croisée de façon inattendue, il rentre chez lui pour faire face à son passé tumultueux, dans un film mettant en vedette Majdi Machmouchi, Caroline Hatem, Mahmoud Saïd, Chadi Haddad et Bernadette Hodeib.

Euromed Audiovisuel a rencontré le réalisateur.

« Je voulais que ce film, qui s’adresse d'abord et avant tout  à un public arabe et oriental, soit facilement accessible », explique Codsi. « C'est pourquoi j'ai opté pour une structure narrative linéaire classique. »

« Alors que j’avançais dans l’écriture, il m’a semblé que je m’orientais vers ce que nous appelons ironiquement en arabe un drama 'aneef , ce qui peut être résumé à un drame violent ou puissant. C’est ainsi que nous décrivons les mélodrames égyptiens flamboyants des beaux jours. Je ne nie pas cette connexion avec ce qui constitue une partie de notre patrimoine cinématographique arabe, mais nous avons aussi - et nous parlons ici de séries télévisées - les ‘drames bédouins’, un genre dans lequel la Jordanie s’est particulièrement illustrée. Ce sont drames historiques prenant place durant l'ère glorieuse de la civilisation arabe, dans lesquels les valeurs mises en avant étaient le courage, l'honneur et l'amour courtois. Un homme d'honneur se rapporte aussi à cela, sauf que le drame est contemporain, et non pas historique. L’ingénieur du son Manu Zouki m'a dit avoir vu une sorte de Western arabe à de la lecture du script, ce qui ne m’a pas déplu. Avec mon directeur de la photographie Michael Lagerwey, nous avons finalement opté pour un format scope et faisant la part belle aux paysages, deux caractéristiques des Westerns américains. La musique de Toufic  Farroukh n’a fait que souligner ce choix. ».

 

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