15/07/2012

Femmes méditerranéennes dans les films et la télévision : Mireille Maurice

« La meilleure façon de sauvegarder le patrimoine audiovisuel c’est de le montrer ! »

Femmes méditerranéennes dans les films et la télévision : Mireille Maurice

La Méditerranée va avoir son propre site web d’archives audiovisuelles! Med-Mem, un projet dirigé par Mireille Maurice de l'Institut National de l'Audiovisuel (INA) français, vise à diffuser les archives de 14 diffuseurs différents. Euromed Audiovisuel a parlé à Mireille Maurice de ce projet, qui est co-financé à hauteur de 68% par la Commission européenne dans le cadre de son programme EUROMED Heritage IV.

 

Quelles sont les actions de l’INA vis-à-vis des pays du Sud de la Méditerranée ?

Globalement, l’INA effectue des missions d’expertise qui sont assez importantes, à la demande notamment des diffuseurs de la Méditerranée, expertise en matière de sauvegarde d’archives, ce qui correspond un peu à un état des lieux avec des préconisations. Notre première action est de les aider à établir des cahiers des charges pour mettre en place des plans de sauvegarde et de numérisation.

Nous intervenons  aussi souvent en matière de formation, par exemple à l’occasion du passage au numérique, la TNT, etc… Il y a des demandes assez importantes et pour certains diffuseurs, nous sommes partenaires de leurs plans de formations globalement, sur plusieurs métiers techniques, documentaires… En complément aux partenariats bilatéraux l’INA intervient également dans le cadre de projets euro-méditerranéens, comme Medmem par exemple.

 

A ce sujet, qu’est-ce que c’est Medmem ?

Medmem signifie « Mémoires audiovisuelles de la Méditerranée ». C’est un projet qui a été réfléchi à la demande des diffuseurs de la Méditerranée, après le gros travail qui a été effectué à l’occasion de « CapMed » dans Euromed Audiovisuel I, et qui avait sauvegardé 4000 documents d’archives réunis dans une base de données. En fait, ces diffuseurs souhaitaient qu’on relance un projet notamment en faveur de la numérisation des archives, puisque les technologies en ce domaine ont tellement évolué, qu’aujourd’hui, la numérisation est accessible à des coûts qui n’ont rien à voir avec ceux d’il y a 10 ans.

 La meilleure façon de sauvegarder le patrimoine audiovisuel c’est de le montrer : Medmem est un projet de site internet, trilingue, gratuit, à destination d’un public plutôt éducatif et culturel, cofinancé par l’Union Européenne dans le cadre du programme Euromed Heritage IV .

Le site proposera des documents d’archives de 14 télévisions de la Méditerranée : des images mais pas seulement, on va essayer de donner du sens à ces images  Nous travaillons donc avec des universitaires des deux rives de la Méditerrannée, qui nous aident à contextualiser ces images et l’on demande à chaque diffuseur de nous donner une sélection de documents d’archives sur le patrimoine de leur pays, puisqu’Euromed Héritage c’est un programme en faveur du patrimoine dans toutes ces acceptions, aussi bien matériel qu’immatériel. La musique, la littérature, le cinéma… font partie des thèmes qui sont couverts par Medmem. Pour ce projet d’archives en ligne, nous leur demandons donc de nous donner des documents sur leur propre patrimoine mais également sur le patrimoine des autres pays, de manière à aussi jouer sur ces regards croisés, pas seulement au travers du travail des universitaires, mais également en proposant des sujets traités par les différentes télévisions de la Méditerranée.

 

Quelle est la pérennité du projet ?

La phase projet se termine fin janvier 2012. Elle aura duré 4 ans. On a eu besoin d’une année supplémentaire et on est dans un double dispositif en termes de pérennisation. D’une part, l’émergence et la création d’un second marché en termes d’archives, puisque c’est la première fois que les archives de ces diffuseurs de la Méditerranée seront montrées et disponibles en ligne, même s’il ne s’agit pas d’un site de vente d’archives. En réalité, il est question d’un site qui permettra aux professionnels de prendre un contact direct sur tel ou tel document d’archives, avec les détenteurs de droits, la télévision ou autre. Donc nous avons ici un dispositif imaginé collectivement, un peu comme une commission, comme un mandat en quelque sorte, où une partie de ce chiffre d’affaire nouveau sera réinvesti dans le projet, pour continuer à l’alimenter, parce que c’est bien d’ouvrir un site avec 4000 documents d’archives, mais ce serait encore mieux s’il continuait à s’enrichir et qu’une partie des frais fixes comme les frais informatiques, d’hébergement, etc…soient couverts. D’un autre côté, nous souhaitons mettre en place un dispositif, plutôt à destination des institutionnels, parce que nous aimerions en faire une ressource pédagogique qui soit sous forme d’abonnement, de subventions, c’est encore à voir, mais qui soit disponible dans les lycées, dans les collèges et qui soit enfin vraiment à la disposition des enseignants…

 

Comment cela se passe au niveau de la promotion ? Car un outil comme cela doit être bien entendu promu…

Nous sommes en train de préparer le lancement qu’on va faire le 12 septembre à Marseille. Nous allons donc faire une grosse campagne de communication au moment du lancement. On a choisi le 12 septembre car c’est la période de rentrée scolaire par rapport aux publics cibles, les jeunes publics. Mais on a besoin sur un site comme cela des médiateurs que sont les enseignants. Il va y avoir une campagne de lancement sur toutes les télés participantes, plus tout un réseau de diffusion qu’on est en train de constituer, pour que le site soit proposé dans des bibliothèques, dans des universités, dans des musées, sur des sites touristiques : tous les endroits qui ont un rapport avec la thématique du site. Les réseaux de diffusion sont en train d’être constitués et ce sera la dernière partie du travail sur le projet entre le lancement et la clôture.

 

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