07/11/2013

Quelle distribution pour les films méditerranéens ?

La distribution de films et le réseau MEDIS étaient au cœur des discussions mercredi 31 octobre à Montpellier

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Quelle distribution pour les films méditerranéens ?

Jeudi 31 octobre, la distribution des films méditerranéens et, à travers elle, le premier réseau de distributeurs méditerranéens MEDIS, était au cœur des débats au Cinemed, le festival du film méditerranéen de Montpellier.

Modérée par Daniel Ziskind, représentant en Europe de la société égyptienne Zad, la conférence a accueilli les distributeurs sud-méditerranéens Hania Mroué (directrice de la salle Métropolis et de la société MC Distributions, Liban), Mohamed Layadi (salle Marrakech Spectacles et cinéma Le Colisée, Maroc), Imane Masbahi (Canal 4, Maroc), mais aussi des représentants d’initiatives de distribution alternative européennes innovantes : Fabienne Hanclot de l’ACID, l’Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion et Philippe Pazzio de la plateforme de VOD spécialisée dans le cinéma indépendant Universciné.

Devant un public de professionnels du cinéma nord et sud méditerranéen, mais aussi de locaux  et d’étudiants, un état des lieux de la distribution dans les pays méditerranéens a d’abord été effectué.

« Le cinéma Métropolis a été un succès car je savais qu’il existait un public pour ce type de films [non américains] », a expliqué la distributrice et exploitante Hania Mroué. Si la création de ce cinéma a été un succès à Beyrouth, il a fallu trouver de nouveaux films pour la salle, ce qui n’était pas chose aisée car une forte proportion des films sortant an Liban est américain, d'où la création de la société de distribution MC Distribution.

L’histoire est relativement similaire au Maroc, notent Mohamed Layadi et Imane Masbahi. Après avoir décidé de rénover la salle Le Colisée à Marrakech pour s’adapter aux normes européennes, la salle de Mohamed Layadi a connu un âge d’or entre 1995 et 2001. Décidant d’élargir ses activités à la distribution à la fin des années 1990, au moment de l’arrivée du piratage et de deux multiplexes au Maroc, l’objectif était de montrer un autre cinéma, de fournir des films différents aux salles. Les activités de l’État marocain, soutenant les films nationaux et les les salles multiplexes, a permis au public de découvrir le cinéma, son cinéma et de devenir cinéphile. Ainsi, le Maroc figure parmi les meilleurs élèves dans la production de films de la région, entre 15 et 20 étant produits chaque année.

En parallèle, Imane Masbahi de Canal 4, spécialisée dans la distribution de films égyptiens, a réussi à convaincre le complexe multi-salles Mégarama de programmer des films égyptiens, puis des films arabes et marocains, le succès étant au rendez-vous, comme le montre la distribution du film Road to Kaboul de Brahim Chkiri, qui est resté pendant 1 an et 9 mois à l'affiche dans les salles du Royaume.

« Le programme Euromed Audiovisuel III a permis d’élargir la distribution aux films arabes » note Imane Masbahi, qui, tout comme Hania Mroué a été aidée avec succès dans leurs activités de distribution par le projet Euromed Cinemas et regrette que cette aide n’ait pas été renouvelée sous Euromed Audiovisuel III. Cependant, l’association de distributeurs sud-méditerranéens MEDIS a notamment pour objectif de pallier à ce manque, a tenu à rappeler son président, Mohamed Layadi, suite aux questions du public sur l'association.

Existe-t-il d’autres modèles alternatifs de distribution que les distributeurs méditerranéens pourraient reproduire ?

Selon Fabienne Hanclet, le pari est de renverser l’offre et la demande, les films étant programmés en France selon la demande à Paris et les distributeurs n'ayant par les moyens de prendre des risques s’ils ne disposent pas d’aides financières. L’ACID a réussi ce pari, en travaillant avec des films sans distributeurs qui seront projetés à Cannes. En se servant du retour des exploitants, l’association recherche des diffuseurs pour ces films. Ainsi, le film C'est eux les chiens du réalisateur marocain Hicham Lasri, qui avait été soutenu par le programme Euromed Audiovisuel I pour un projet précédent et présenté à l’ACID en mai 2013, a trouvé un distributeur en France.

Et la distribution en ligne, via la VOD, une alternative au piratage ? Si la situation actuelle du marché VoD est contrastée dans le sud de la Méditerranée – ne fonctionnant pas, selon la distributrice Hania Mroué, au Liban mais bien mieux dans les pays du Golfe, par exemple – l’exemple d’Universciné pourrait être adapté dans la région sud-méditerranéenne. Universciné est lui-aussi le fruit d’un retournement de l’offre et de la demande, l’émanation d’un groupement de producteurs et de distributeurs indépendants pour diffuser leur catalogue en ligne – notamment des films de la région sud-méditerranéenne -, à travers une multiplicité de plateformes en Europe.

Et pourquoi pas dans le sud de la Méditerranée ?

 

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