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12/07/2012

Cinéma algérien : chronique d’une longue absence

Ahmed Bedjaoui, expert en capacity development d’Euromed Audiovisuel et présentateur pendant vingt ans de l’émission Télé Ciné Club, revient sur l’histoire mouvementée de l’industrie cinématographique algérienne.

Industrie, Algérie

Cinéma algérien : chronique d’une longue absence

Cinquante ans après l'indépendance, le cinéma algérien tente vainement de rappeler qu'il a été à l'avant-garde du combat libérateur. L'enthousiasme des lendemains l'avait mené vers des sommets et des prix remportés dans de nombreux festivals prestigieux, notamment pour Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar-Hamina.

Au cours des années suivantes et grâce à une audacieuse politique de coproduction, l'Algérie avait réussi à se placer - avec l'Égypte - en tant que chef de file de l'audiovisuel de qualité dans la région arabe.

Un sentiment d'aliénation et de désenchantement grandissant a cependant commencé à se fait sentir. Exprimé pour la première fois en 1971 dans Tahia ya Didou !  de Mohamed Zinet, il a culminé en 1976 avec Omar Gatlato, premier film de Merzak Allouache.

La décennie noire du cinéma algérien ira de pair avec la violente confrontation des années 1990. Les centaines de salles héritées de l'ère coloniale et confiées aux municipalités ont fermé leurs portes, alors que les institutions cinématographiques publiques étaient sacrifiées par un gouvernement iconoclaste et une déferlante fondamentaliste.

Ce n’est qu’au début du nouveau millénaire que de nouveaux talents apparaîtront, le plus souvent issus de l'émigration - comme Rachid Bouchareb ou Lyes Salem, qui seront relayés par de jeunes cinéastes formés sur place. Dans le même temps, le cinéma se féminise et le film d'expression amazighe prend de l'importance.

Aujourd’hui, le cinéma algérien, privé de son public et d’infrastructures de production, vit sous perfusion grâce aux aides étatiques. Depuis quelques années et en dépit des aides financières publiques, le bilan annuel dépasse péniblement deux ou trois films par an. Ce qui est peu comparé aux vingt films produits annuellement par le Maroc voisin.

Par ailleurs, et face à la campagne menée par les chaînes françaises de télévision pour célébrer l'événement (voir notamment l’émission Regards croisés-le cinéma algérien sur arte), les  ministères algériens concernés par la production audiovisuelle semblent agir en ordre dispersé. La liste des projets de films retenus n'a été dévoilée que depuis quelques semaines, et il est vraisemblable que la plupart ne verront le jour qu’en 2014. Seul Zabana de Said Ould Khelifa, commencé il y a trois ans, sera prêt pour l'occasion.

 

Source : Ahmed Bedjaoui pour jeunafrique.com

 

Zabana - bande-annonce :

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