28/03/2013

A deep long breath de Tahani Rached présenté à Beyrouth

Une famille au cœur de la révolution égyptienne

Evènements et festivals, Égypte

A deep long breath de Tahani Rached présenté à Beyrouth

Tahani Rached est l'un des visages féminins du documentaire égyptien. Elle avait fait parlé d'elle en 2006 avec Ces filles là, film sur des petites filles dans les rues du Caire, présenté au Festival de Cannes hors-compétition. La réalisatrice revient avec un nouveau projet, cette fois sur la révolution, A deep long breath, présenté au festival Ayam de Beyrouth ce mois-ci.

Deux ans après le début de la révolution, les documentaires égyptiens sont en pleine renaissance. Tahrir 2011 - The Good, the Bad and the Politician, The Square, autant de productions sur la révolution, au cœur des préoccupations du cinéma égyptien. Tahani Rached a décidé elle, de le traiter à travers le regard d'une famille de classe moyenne et de leurs discussions sur les évènements.

« Plus le temps passe, plus nous avons peur » affirme Gamal, l'un des personnages centraux du film. C'est cette évolution de la peur et de la révolution que la réalisatrice a voulu aborder, en suivant ce professeur d'université et sa famille. Le film s'ouvre sur le procès d'Hosni Mubarak et continuera en accompagnant à tour de rôle les proches de Gamal.

La famille est présente aussi bien devant la caméra que derrière, par exemple le fils est à la fois preneur de son et acteur, et la caméra se tourne régulièrement vers lui. La réflexion politique prend alors une dimension humaine en s'approchant de ses sujets au plus près, voire de trop près.

C'est un risque courant avec cette technique documentaire. La réalisatrice n'a pas su éviter ce piège et semble de temps en temps manquer du recul nécessaire envers son sujet.

Un scénario qui avance au gré des évènements

Le scénario ne suit pas une écriture pré-conçue ou trop tranchée, la réalisatrice comme la famille se laissent porter par les événements. Le documentaire veut s'inscrire dans « l'ici et maintenant », tant sur le plan de la réflexion que sur le plan technique. La volonté de faire un film immédiat, souvent sans trépied entraîne à certains moments des plans instables. Zooms et dézooms s’alternent.

Sur le plan du récit, dates et références à l'histoire fusent et s'emmêlent, sans être recontextualisées. La portée du message devient alors plus nationale qu'universelle. Il ne sera pas évident pour un néophyte de l'histoire récente d'Egypte de comprendre l'ensemble des références, même si un effort est fait pour resituer certaines des scènes avec des plans place Tahrir.

Peut-être que sur le plan de la réalisation, le film aurait dû s'accorder quelques respirations, pour mieux faire entendre le message qu'il porte, et que formule un protagoniste  du film : « ça ne va pas s'arranger demain, on a besoin de temps ».

 

Anaïs Renevier

 

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