24/04/2013

Al Jazeera récompense des documentaires palestiniens et égyptiens à Doha

La réalisatrice palestino-allemande décroche le meilleur prix, mais des prix sont également revenus aux films égytpiens

Evènements et festivals, Palestine, Égypte

Al Jazeera récompense des documentaires palestiniens et égyptiens à Doha

Le 9ème Festival Al Jazeera du cinéma documentaire s’est achevé dimanche à Doha, avec la remise de son meilleur prix à la réalisatrice palestino-allemande qui poursuit toujours ses études dans une école de cinéma.

Le premier prix du long-métrage est allé au premier documentaire de Pary el-Qalqili, The Turtle's Rage. Le film suit la réalisatrice tandis qu’elle essaye de faire sortir son père palestinien de sa coquille pour enfin comprendre son histoire et pourquoi il l’a quittée quand elle avait 12 ans pour retourner en Palestine. Ce film a été tourné à Berlin, en Égypte, en Palestine, en Jordanie et en Israël sur plus d’un an. Ce film d’études a été réalisé avec une très petite équipe et produit par l’École de cinéma et télévision de Munich, la Télévision bavaroise, ARTE et Kaissar Film. Il a déjà gagné de nombreuses récompenses, dont celle du meilleur documentaire en décembre dernier dans la section Muhr Arab à Dubaï.

« En Allemagne, les écoles de cinéma sont très proches du marché », a écrit à Euromed Audiovisuel la réalisatrice de 31 ans. Elle n’a même pas encore commencé à tourner son projet de fin d’études, pour lequel elle va très bientôt lancer une campagne de crowdfunding sur Aflamnah. Film hybride entre fiction et documentaire, Flying High suivra le parcours d’une jeune Palestinienne-Allemande en quête d’identité, de Berlin à Dubaï et au Caire, où un vent de révolution souffle toujours sur la ville. « Tout le monde est invité à le soutenir ! » a-t-elle écrit.

En attendant, Le Caire est à l’écran dans au moins deux films de plus parmi les nombreuses œuvres venues des quatre coins du monde qui ont été récompensées à Doha dimanche dernier, avec les trois prix de la chaîne documentaire Al Jazeera remis à des films du monde arabe tournés lors des soulèvements populaires de 2011, que ce soit en Égypte ou au Yémen.

Le prix Al Jazeera du long-métrage est ainsi allé à la réalisatrice égyptienne basée à New-York, Mai Iskander,  pour son deuxième documentaire Words of Witness. Le film, qui avait été projeté en avant-première à la Berlinale de 2012, suit Heba Afify, une journaliste égyptienne de 22 ans, alors qu’elle couvre l’actualité après la chute de Moubarak. Tout comme son premier film primé en 2009, Garbage Dreams, Words of Witness est une production Iskander Films, cette fois en association avec Birthmark Films basés au Caire et Chicken and Egg Pictures, fonds de soutien pour les réalisatrices.

Dans la section des moyens-métrages, le même prix est revenu aux frères égyptiens Ahmed et Ramadan Salah pour leur documentaire de première ligne sur les affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité au Caire en novembre 2011, Eyes of Freedom, Street of Death. C’est la seconde récompense du film ce printemps après un prix à Louxor en mars.

Enfin, dans la catégorie des courts-métrages, la réalisatrice yéménite Sara Ishaq a reçu une autre récompense pour son documentaire de 26 minutes Karama Has No Walls. Le film relate un événement décisif qui a marqué l’histoire de la révolution yéménite, quand le 18 mars 2011 des snipers pro-gouvernementaux ont tiré sur 53 manifestants dans la capitale du Yémen, Sana’a.

Ishaq travaille actuellement sur son second documentaire, Fatherland, pour lequel elle a reçu une bourse du Fonds arabe pour les arts et la culture.

 

Alice Hackman

 

Poster: The Turtle's Rage de Pary el-Qalqili

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