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23/05/2012

Cannes 2012: Une famille respectable du réalisateur iranien Massoud Bakhshi en compétition pour la Caméra d’Or

Makshi se sert de ses expériences personnelles pour réfléchir à l'évolution de la société iranienne au cours des 30 dernières années

Evènements et festivals, Industrie

Cannes 2012: Une famille respectable du réalisateur iranien Massoud Bakhshi en compétition pour la Caméra d’Or

Suite à la condamnation en 2011 par le gouvernement iranien d’un des réalisateurs les plus célébrés du pays, Jafar Panahi, et suite au succès d’Une séparation d’Asghar Farhadicette cette année aux Oscars, Une famille respectable, le drame du réalisateur iranien Massoud Bakhshi ,a été sélectionné pour la section parallèle cannoise de la Quinzaine des réalisateurs. Espérons que Bakhshi bénéficie de cette attention internationale sans précédent pour le cinéma iranien. Une famille respectable est en compétition pour la Caméra d’Or, un prix donné au meilleur premier long-métrage présenté à Cannes, toutes sections confondues. Bakhshi a déjà réalisé un court métrage de fiction, Bagh Dad Bar Ber – qui lui a valu le Léopard de demain au Festival du Film de Locarno en 2008), et sept courts métrages documentaires, présentés et primés dans plusieurs festivals de documentaire.

Si dans Une séparation mettait en scène une femme demandant le divorce pour pouvoir partir à l’étranger, Une famille respectable voit Arash, un universitaire iranien, rentrer dans son pays après 22 ans d’absence. Il semble toutefois n’attendre qu’une chose : en repartir. Le malaise perceptible en Iran aujourd’hui est représenté dans ces deux films à travers les sentiments de rejet et de désespoir de ses personnages à l’égard de la société iranienne. Mais, alors que Farhadi centre exclusivement son intrigue sur le présent, Bakhshi élargit sa réflexion aux trois dernières décennies de l'histoire du pays, à travers les souvenirs de son personnage principal et de sa famille, dont le caractère respectable est justement remis en cause.

« Pour moi, l'Iran est impossible à saisir sans prendre en compte l'histoire de ces 30 dernières années. Je n'ai pas inventé l’histoire d'Une famille respectable, il s'agit d'une histoire vraie », a déclaré Bakhshi, ajoutant que le film parcourt «  l'histoire de mon enfance, après la révolution de 1979, mes années d'adolescence pendant la guerre et mon expérience aujourd'hui à Téhéran. »

Porté par cet objectif ambitieux, Bakhshi a écrit un scénario particulièrement complexe. Cela commence par une introduction pleine de suspens filmée en caméra subjective avant d'évoluer rapidement vers un jeu de flashbacks pour finir par revenir au présent - une approche chronologique dynamique permettant au film de représenter à la fois les souvenirs d'enfance du personnage principal au cours des années Khomeyni et ses problèmes actuels sous le régime d'Ahmadinejad.

Les affaires familiales sont aussi obscures (peut-être délibérément) que les relations entre les membres de la famille, ce qui pousse parfois le public dans un état de perdition proche de celui d’Harash lors de sa confrontation aux questions financières de sa famille et à la bureaucratie insupportable du pays.

Babak Hamidian incarne à travers le personnage d’Harash une agitation contenue susceptible d’exploser à tout moment. Son regard allie ainsi une incrédulité dégoûtée au désir de changement, ce qui, selon les propres mots du réalisateur, pourrait facilement représenter « une jeunesse rêvant d’une société iranienne tolérante ouverte sur le reste du monde ».

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