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04/04/2012

Session de pitch internationale pour les participants DOCmed2011

« Perfectionnez l’écriture de vos propositions et pensez à votre public » ont conseillé les rédacteurs de programmes internationaux aux participants de DOCmed 2011, lors de la session de pitching du mois dernier

Industrie, Activités des Contracts de Subvention

Ce conseil a été donné à l’issue de la dernière session DOCmed, un événement d’une semaine qui s’est tenu à l'extérieur de Tunis et au cours duquel huit producteurs et réalisateurs de la Méditerranée du Sud ont chacun rencontré des rédacteurs des programmes pour un entretien de 45 minutes.

Les participants comptaient les réalisateurs Nidal Abudiab (Palestine) et Sandra Madi (Jordanie), les réalisateurs et producteurs Hazem Alhamwi (Syrie), Nagham Osman (Egypte), et Bahia Bencheikh El-Fegoun (Algérie), ainsi que les producteurs Myriam Sassine (Liban), Rachid Boutounes (Maroc), et Abir Hachem (Liban). La réalisatrice syrienne Bahraa Hijazi (Syrie), détenue un certain temps par les autorités de son pays mais maintenant libérée, n’a malheureusement pu y prendre part.

« Pour la majorité d’entre eux, c’est l’occasion de rencontrer pour la première fois des rédacteurs de programmes d'Arte, d’ITVS, de la RTBF » a expliqué JadAbi Khalil, chef du projet DOCmed, à Euromed Audiovisuel. « C'est une partie très importante de la formation car elle leur permet de rencontrer des personnalités internationales influentes et dont les décisions peuvent, d'une manière ou d'une autre, influencer leur vie professionnelle et leur carrière. »

Et ces décideurs, très impressionnés par le large éventail de projets tant personnels qu’intéressants, ont aussi donné quelques conseils aux participants.

Tout d'abord, pensez à votre public !

Les cinéastes doivent par exemple bien penser à la nationalité de leur public lorsqu’ils présentent et vendent leur film à des chaînes de télévision étrangères. Car le spectateur risque de manquer de connaissances sur l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Davantage d’informations contextuelles peut donc changer la donne, a préconisé Martine Saada, responsable des programmes société et culture pour Arte France.

Claire Aguilar d’ITVS aux États-Unis a ajouté que, pour le spectateur américain moyen, qui a une connaissance très limitée des affaires étrangères, les documentaires doivent présenter leur contenu et expliquer les concepts en utilisant « un niveau d’école maternelle ».

Les téléspectateurs, toujours prêts à zapper, sont d’ailleurs différents des habitués des salles de cinéma.

« L'approche doit être beaucoup plus claire et bien plus directe à la télévision car le film s’y destine à un public qui n’attendra pas dix minutes avant de comprendre le sujet du film », a expliqué Wilbur Leguebe, responsable des coproductions documentaires à la RTBF belge, aux participants DOCmed, tout en soulignant que cela influence la structure d'un film.

Deuxièmement, rédigez une bonne proposition.

Zeina Zaherddine, en charge du projet Crossroadspour le Fonds Arabe pour les Arts et la Culture (AFAC), a mis les participants en garde concernant les jurys de sélection accordant des financements et les rédacteurs des programmes. Ceux-ci prennent leurs décisions sur base d’images et de propositions écrites, sans rencontrer les réalisateurs en personne. Il faut dès lors s’assurer que ces propositions écrites sont aussi bonnes et percutantes qu’une présentation orale.

Mohammad Soueid, rédacteur de programme pour Al-Arabiya, a souligné cette nécessité d'améliorer la rédaction de propositions, mais a également partagé son espoir de voir plus de coproductions entre les grandes chaines de la région arabe.

« C'est étrange que l'on puisse s’engager dans une coproduction avec la BBC ici, avec PBS, alors que nous n'avons pas ce privilège [dans le monde arabe], » a-t-il affirmé. « Je ne pense pas que les participants [DOCmed] qui sont venus ici attendent beaucoup des diffuseurs [arabe]. Ils parient sur Arte ... C'est très triste. »

La production de films documentaires arabes a encore du chemin à parcourir, mais tous les participants ont confié à Euromed Audiovisuel que DOCmed avait été très utile.

« Le monde arabe n’est pas assez impliqué dans le système universel de la production, les cinéastes y travaillent donc de manière très indépendante », a déclaré le réalisateur Syrien Hazem Alhamwi, qui réalise et produit à la fois son projet de documentaire Caravan in a room. Selon lui, DOCmed a mis en lumière les avantages de travailler avec un producteur prenant soin du financement d'un film, permettant ainsi au réalisateur de se concentrer sur le volet plus artistique du projet.

La réalisatrice égyptienne Nagham Osman, qui a présenté son documentaire Little aux rédacteurs de programmes, a dit avoir beaucoup appris sur l'importance de bien préparer sa proposition et sur les moyens d’obtenir un financement des chaines de télévision, mais aussi sur la distribution et la coproduction.

Nidal Abudiab, réalisateur de Storm in the Valley Silwan originaire de Jerusalem, a déclaré que des programmes tels que DOCmed étaient essentiels pour développer une nouvelle génération de producteurs arabes réussissant à pitcher leurs projets au reste du monde.

« Le monde a besoin de mieux comprendre le monde arabe, et a besoin d'une nouvelle langue pour nous comprendre », a-t-il ajouté.

En parallèle à la session de pitching de DOCmed 2011, les participants DOCmed 2012 ont commencé à développer leurs projets de documentaires avec des formateurs. D’autres jeunes réalisateurs et producteurs tunisiens ont quant à eux révisé leurs projets avec leurs tuteurs et l’aide d'un expert en production dans le cadre de DOCmed local.

DOCmed est financé par l'Union européenne par l'intermédiaire du programme Euromed Audiovisuel.

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