16/05/2013

Cinéma et littérature : l’état des lieux au Maroc

Les 9 et 10 mai, un colloque sur le récit littéraire et l’écriture cinématographique e été organisé, avec le soutien d’Euromed Audiovisuel

Industrie, Evènements et festivals, Maroc

Cinéma et littérature : l’état des lieux au Maroc

Les 9 et 10 mai à Casablance, un important colloque sur le thème «  Le récit littéraire et l’écriture cinématographique » a été organisé par l’Union des réalisateurs, auteurs marocains (URAM), avec le soutien de la Fondation de la Mosquée Hassan  et le programme Euromed  Audiovisuel. Une rencontre qui s’impose à partir d’un constat : la relation entre les écrivains romanciers marocains et les cinéastes marocains est pauvre, voire inexistante.

Selon le chercheur Moulay Driss Jaidi, intervenant au colloque, « il y a à peine 18 films qui ont été écrits à partir d’un récit littéraire, dont 11 à partir de romans francophones ». Sur une filmographie qui compte près de 300 longs métrages, c’est effectivement très maigre comme bilan de coopération. D’où l’intérêt de ce colloque qui a comporté plusieurs volets, nous précise Selma Bergach, cinéaste et membre du comité d’organisation : « la première journée a permis d’aborder l’état des lieux de l’adaptation du roman à l’écran, la relation entre l’écrivain et le cinéaste : cas  vécus,  comment passer du roman au film et la deuxième journée nous a permis d’aborder les aspects contractuels entre écrivains, éditeurs, scénaristes, réalisateurs, producteurs… ».

Hakim Toussard, expert Euromed Audiovisuel a justement contribué à la deuxième journée consacrée aux aspects pratiques et juridiques du rapport écrivain-cinéaste. Des modèles de contrat ont été présentés et des cas de figure ont été cités.

Le moment fort du colloque reste la séance qui a vu,  pour la première fois au Maroc, deux auteurs de romans confrontés à deux cinéastes ayant adpaté leur œuvre.

Il s’agit de l’écrivain Mohamed Nedali, auteur du roman Morceaux de choix adapté au cinéma par Abdelhay Laraki sous le titre Les ailes de l’amour et de Jawad Mdidech auteur d’un récit autobiographique sur sa période d’enlèvement, de torture et d’incarcération lors des années de plomb, récit adapté au cinéma par Hassan Benjelloun dans le film La chambre noire.

L’échange fut sincère, profond, abordant des questions pratiques sur le rapport entre l’œuvre filmique et l’œuvre littéraire au-delà de la dichotomie fidélité/trahison mais aussi des questions sensibles et stratégiques dans le dispoitif dramatique inhérent au cinéma, à savoir comment filmer la torture (cas du film de Hassan Benjelloun) ou comment aborder une scène d’amour ( cas du film d'Abdelhay Laraki).

L’URAM est une nouvelle entité professionnelle qui regroupe les auteurs, les scénaristes, les réalisateurs et les compositeurs de musique marocains, présidée par le jeune cinéaste Naoufal Berraoui, dont le premier long-métrage s’intitule Une journée et une nuit. Pour ses initiateurs, l’URAM n’est pas une nouvelle structure syndicale qui vient enrichir le paysage mais plutôt une formule souple et ouverte, transversale, appelée à agir sur certains aspects négligés jusqu’à présent au sein de la profession comme la circulation de l’information, notamment sur les questions de financement et de développemnt de projets, de la question de la formation continue, de la défense des droits d’auteur et l’animation de débats sur des sujets particuliers inhérents à la pratqiue cinématographique.

 

Mohammed Bakrim 

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