06/06/2013

Un vent de protestation à soufflé lors de l'ouverture du Festival de cinéma d’Ismaïlia

Les projections ont été lancées après une manifestation contre les Frères musulmans lors de la soirée d’ouverture

Evènements et festivals, Égypte

Un vent de protestation à soufflé lors de l'ouverture du Festival de cinéma d’Ismaïlia

Cinq jours de courts et longs métrages documentaires ont été lancés dans la ville côtière d’Ismaïlia, après une manifestation le soir-même de son ouverture réclamant la démission du nouveau ministre de la Culture égyptienne.

"Non à la ‘frérisation’ des idées," peut-on lire au dos d’une des affiches du festival brandi au milieu de douzaines d’autres manifestants réunis devant le Centre culturel d’Ismaïlia mardi soir. "Non à la ‘frérisation’ de la créativité," scandait une autre.

Une semaine après que la directrice de l’Opéra du Caire ait été renvoyée par un nouveau ministre de la Culture très proche des Frères musulmans et qu’un député salafiste de la Chambre haute du Parlement ait proposé l’interdiction d’un ballet, les critiques de films et les journalistes couvrant le festival ont joint leurs voix à celles des manifestants et ont eux aussi appelé à la démission du ministre avant de prendre part aux festivités auxquelles le ministre n’a pas assisté.

Le cinéma et la culture jouent un rôle important pour le futur de l’Égypte, a déclaré le président du festival Mohamed Hefzy, directeur de la société de production égyptienne Film Clinic (Asmaa, Microphone, Ray7een 3ala fayn?) pendant la cérémonie.

Pendant cinq jours, le cinéma Renaissance va échanger ses titres commerciaux contre des films indépendants, des documentaires et des films d’animation venus du monde Arabe et d’ailleurs.

Deux films égyptiens sont en compétition dans la catégorie long-métrage documentaire : la coproduction franco-égyptienne d’Hind Meddeb Electro Chaabi qui fera sa première, et In Search of Oil and Sand de Wael Omar et Philippe Dib sera projeté pour la première fois dans un festival égyptien après une projection annulée lors du Festival international de cinéma du Caire en décembre dernier. La Syrie sera représentée par True Stories About Love, Life, Death and Sometimes Revolution de la réalisatrice Nidal Hassan tandis que A World Not Ours de Mehdi Fleifel et Sleepless Nights d’Eliane Rehab traiteront du sujet des communautés de réfugiés palestiniens et de la guerre civile au Liban.

Diary of an Ordinary Citizen du réalisateur Tunisien Walid Tayaa fera sa première dans la section court-métrage documentaire. Il sera en lice contre Gaza 36mmdu palestinien Khalil M. Elmuzayen, film soutenu par DOCmed, et The Man Insidedu réalisateur franco-égyptien Karim Goury et Al Hara du libanais Nicholas Khoury, ainsi que Catharsis: A Self-portraitd’Alia Ayman, Libido de Youssef Al Emam et 5225 de l’égyptien Ahmed Medhat.

Dans la section court-métrage de fiction, figurent une coproduction entre l’Algérie et la Suisse Yidir de Tahar Houchi, trois films égyptiens : Behind the Door d’Adham Al Sherif, Zakariya d’Emad Maher et Odd de Kerim El Shenawy et trois court-métrages réalisés par des réalisatrices de la région : la coproduction palestino-danoise Nation Estate de Larissa Sanssour, The Wall d’Odette Makhlouf, et Sanctity de la saoudienne Ahd.

Dans la section film d’animation, Randa du syrien Dani Abo Louh est en lice contre  trois films égyptiens : The Forest d’Adel Elbadrawy, Sketchaty Btakolny de Nour Abyad, et Two de Mokhtar Talaat.

Alice Hackam

Traduit de l'anglais par Laure Deschamps

partagez cet article par email imprimer cette page