26/06/2014

Les coproductions en hausse dans le sud de la Méditerranée, selon une étude d’Euromed Audiovisuel

Mais les coproductions interrégionales restent rares et le nombre de coproductions par rapport aux productions nationales révèlent la dépendance des pays sud-méditerranéens aux fonds étrangers

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Les coproductions en hausse dans le sud de la Méditerranée, selon une étude d’Euromed Audiovisuel

En 2011, l'Unité CDSU du programme Euromed Audiovisuel III publiait une étude confiée à Lucas Rosant (coordinateur de la Dubai Film Connection et match maker dans de nombreux marchés internationaux), sur les 221 coproductions réalisées entre 2006 et 2011 et concernant les neuf pays du pourtour sud-méditerranéen bénéficiaires du programme. La mise à jour de cette étude pour la période 2011-2013 est à présent disponible en ligne !

La mise à jour du rapport couvre toutes les coproductions audiovisuelles réalisées entre 2006 et 2013 dans dix pays du sud de la Méditerranée : Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Égypte, Palestine, Israël, Liban, Jordanie et Syrie. Elle couvre également les accords de coproductions officiels entre ces dix pays.

Les coproductions dans le milieu de l’audiovisuel dans la région sont en augmentation constante : de 17 en 2006 à 40 en 2013, avec plus de 26 films en post-production. Ce phénomène est particulièrement remarquable dans la réalisation de documentaires : de 0 coproduction en 2006, on est passé à 11 en 2013, avec 6 documentaires coproduits actuellement en post-production.

Selon le rapport, le nombre de coproductions dans la région a atteint son maximum en 2011, avec 62 films coproduits dont 25 documentaires. Selon son auteur, cela s’explique par différents facteurs dont l’intérêt croissant du reste du monde pour l’Égypte et la Tunisie après leurs révoltes populaires, le succès international des films de la « Nouvelle Vague » israélienne, une hausse dans le financement des projets libanais après le succès économique de Caramel réalisé par Nadine Labaki et de nouveaux investissements publics dans le cinéma tunisien en 2010 ayant eu effet en 2011.

En résumé, l’Europe (et en particulier la France et l'Allemagne) est toujours le principal partenaire des coproductions sud-méditerranéennes et le haut niveau de coproductions en rapport à celui de la production nationale - qui est aussi étudiée pays par pays - témoigne d’une forte dépendance de la production au Sud.

Enfin, avec 8% de participation dans les coproductions étudiées, les pays du Golfe semblent financièrement légèrement en retrait, mais leur implication dans la formation et la promotion des cinémas arabes en font, à terme, des partenaires cruciaux.

Mais les coproductions entre les pays du sud de la Méditerranée restent rares, avec seulement 7 films coproduits exclusivement entre deux pays de la région. Par exemple, l’Accord de Coproduction Général entre l’Algérie, la Tunisie et le Maroc n’a pratiquement pas été utilisé, fait remarquer l’auteur.

De façon plus anecdotique, plusieurs coproductions avec des pays en voie de développement en dehors de la région du sud de la Méditerranée ont vu le jour. Des travaux audiovisuels communs ont été réalisés entre l’Algérie et la Chine, l’Égypte et l’Irak, Israël et l’Inde, le Liban et le Brésil, le Maroc et le Tchad, le Maroc et le Sénégal et la Palestine et l’Irak.

La Dubai Film Connection est une plateforme de coproduction qui a de loin présenté le plus grand nombre de projets et de films coproduits à l’intérieur ou avec les pays du sud de la Méditerranée, suivi par le marché de la coproduction de la Berlinale, devant le Cinemart au Festival international du film de Rotterdam.

Arte (France et/ou Allemagne) est presque la seule opportunité pour les fictions du sud de la Méditerranée d’être coproduites par des diffuseurs européens. Cependant, la compétition est féroce. Arte signe seulement 20 coproductions par an, films européens inclus, et environ 100 projets sont envoyés à chaque session, pour généralement seulement 4 retenus.

 

 

Pour télécharger la mise à jour de l'étude sur les coproductions des pays sud-méditerranéens (2011-2013), veuillez cliquer ici.

 

Photo : My Lowe Awaits Me By The Sea, long-métrage documentaire de Mais Darwazah - une coproduction Jordanie/Palestine/Allemagne/Qatar

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