07/10/2014

Des courts métrages réalisés par des femmes palestiniennes en vitrine de trois festivals cinématographiques européens

Produits par Shashat, les films sont présentés ce mois-ci en Suède, en Croatie et en Italie

Evènements et festivals, Palestine

Des courts métrages réalisés par des femmes palestiniennes en vitrine de trois festivals cinématographiques européens

Trois films réalisés par quatre réalisatrices palestiniennes, trois originaires de la bande de Gaza et une de Cisjordanie, sont projetés ce mois-ci dans des festivals de films européens. Les trois films ont été produits par Shashat, dans le cadre de la collection de films Remnants qui a été présentée à la 9e édition du festival de femmes Shashat en Palestine, une manifestation financée par l'Union Européenne et la Fondation Heinrich Boll.

Manshar Ghaseelodes cinéastes Alaa Desouki originaire de Khan-Younès et Areej Abu Eid originaire d’An-Nuseirat, est maintenant projeté au Festival de film arabe de Malmö en Suède. Le film, figurant parmi les finalistes du prix du public dans le cadre du concours de courts-métrages d'Euromed Audiovisual III MADE in MED utilise des séquences d'animation et des séquences filmées pour parler des abus sexuels verbaux auquel les femmes sont confrontées, et ce peu importe la manière dont elles sont couvertes. 

Les deux jeunes réalisatrices palestiniennes ont suivi en 2011 et en 2012 une formation dispensée par Shashat dans le cadre du projet « Je suis une femme » sur l'égalité des sexes financé par l'Union européenne. Celui-ci a permis à Desouki de réaliser Noise! en 2012 et de coréaliser Sardine & Pepper en 2011. Abu Eid a, quant à elle, réalisé Separation en 2012 et coréalisé Kamkameh en 2011.

Zeina Ramadan originaire de Naplouse a été invitée en Croatie au Festival de Dubrovnik qui se déroulera du 16 au 19 octobre. Son film Hush! d’une durée de 7 minutes nous laisse entrevoir l’existence de Lamia qui, pour répondre aux pressions sociales qu’elle subit, se doit d’être une « fille modèle ». Cela signifie se marier, avoir des enfants et ne jamais se plaindre comme si ce n’était là que la seule solution possible pour une fille, tout autre choix menant au scandale et au déshonneur. Les critiques permanentes sur ses moindres faits et gestes, ajouté à la surveillance constante d'une société dominée par la présence masculine, rendent la situation encore plus difficile pour cette jeune fille dont le seul souhait est de se retrouver tranquille dans un coin bien à elle où l'espoir aurait une existence.

La cinéaste palestinienne Reham al-Ghazali participera à plusieurs évènements au Festival du film des droits de l'homme à Naples qui se déroulera du 20 au 25 octobre. Elle fera partie d'un panel sur le cinéma et les droits de l'homme où, à cette occasion, elle présentera quelques-uns de ses travaux photographiques ; son court-métrage N.G/Kooz sera projeté dans le cadre de la compétition officielle. Le film raconte l'histoire de Hamza, diplômé universitaire qui comme beaucoup d'autres jeunes de son âge, a entrepris la laborieuse tâche de trouver un travail à temps plein qui lui permettra de mener une existence décente. Cinq années passent et l’unique emploi qu'il a pu décrocher est auprès d’une organisation qui exploite les jeunes avec des contrats de deux mois faiblement rémunérés. Cette épreuve pousse Hamza à développer un étrange rapport avec le papier, notamment son cv et diplôme universitaire, les raisons de son désenchantement. 

Ghazali a également suivi en 2011 et 2012 une formation auprès Shashat dans le cadre du même projet. Elle a réalisé Out of Frame en 2012, et Madleen en 2011.

Shashat Women Cinema est une ONG indépendante dédiée au cinéma et située en Palestine. Fondée en 2005, Chachat a quatre pôles. Le premier est l’organisation annuelle du « Festival du film des femmes en Palestine » qui, de par son parcours itinérant, passe dans 23 villes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, en collaboration avec sept universités, sept camps de réfugiés et 23 organisations culturelles communautaires. Son deuxième rôle est d’œuvrer, dans le secteur des cinéastes palestiniens, pour le renforcement des capacités grâce à des formations et des programmes de production destinés aux réalisatrices indépendantes, particulièrement la jeune génération. En troisième lieu, Shashat organise « Films for all », une projection nationale et un programme de discussions à travers la  Cisjordanie et Gaza.  Enfin, l'ONG encourage l'éducation cinématographique par le biais d’ouvrages sur le cinéma et une DVD-thèque.  

Shashat a reçu du Ministre de la Culture palestienne le "Prix de l'excellence du cinéma" en 2010 ; c'était la première fois que ce prix était attribué. Shashat a reçu l'aide de l'Union européenne pour son festival de femmes en Palestine qui a vu le jour en 2008.

Traduction : Véronique Bettini

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