13/10/2014

Iron Hekoya : faire vivre la web-série au Liban

Gangsters libanais et super-héros du Moyen-Orient pourraient peupler les web-séries que les quatre co-fondateurs de Iron Heyoka veulent lancer au Liban

Industrie, Liban

Iron Hekoya : faire vivre la web-série au Liban

Carlo Mouzannar et Daniel Habib sont amis d'enfance. Tous deux passionnés d'audiovisuel, ils ont travaillé ensemble sur le film de diplôme de Daniel, avant de décider de se lancer dans un nouveau projet : créer une boîte de production libanaise entièrement dédiée aux web-séries.

Un marché traditionnel saturé

Rejoints par la suite par Mark Eid et Ramzi Assaf, les co-fondateurs de Iron Heyoka partent d'un même constat : « Les séries libanaises diffusées à la télévision sont de mauvaise qualité artistique, leurs producteurs gardent le monopole, le marché est saturé et ils ne donnent pas leur chance aux jeunes », explique Daniel Habib.

Inspirés par le succès de Beirut I love you ou Shankaboot, les jeunes ont alors développé leurs propres projets de web-séries :« Les créateurs de ces web-séries ont eu le courage de faire une œuvre de qualité, on veut marcher dans leurs pas et montrer que dans la région on n'a pas peur de se lancer dans les web-séries ». Iron Heyoka vise un public en particulier, la tranche d'âge de 18 à 30 ans, « ceux qui ne regardent pas les séries libanaises à la télévision ».

Des séries entre Occident et Moyen-Orient.

Pour ses créations, l'équipe a une marque de fabrique bien à elle : une esthétique poussée, de « qualité occidentale » comme aime le souligner Daniel Habib. Leurs séries seront filmées au Liban, en arabe et sous-titrées, mais elles veulent se hisser au niveau de certaines séries américaines.

Sevra, un drame de gangsters sur fond de passion et violence sera inspiré du réalisme de The Wire ou The Shield, alors que Rkod (lit. Cours ! en arabe) expérimentera la vie d'un super-héros dans le monde de l'industrie musicale libanaise, car, selon Carlo Mouzannar, « qui plus que le Moyen-Orient a besoin d'un super-héros ? Cela dit, ajoute-t-il, notre super-héros n'aura pas de superpouvoirs, la série se veut réaliste. Et pour la réalisation comme pour le jeu d'acteurs, on veut trouver du sang frais, placer de nouveaux talents devant et derrière la caméra ».

Pour parvenir à cette qualité et surtout à garder leur indépendance, les quatre mousquetaires de l'audiovisuel prennent leur temps, dix mois qu'ils tournent les premiers épisodes des séries pour 20 minutes prêtes à diffuser, mais avec un budget minimal : « On est soutenus par la société Keeward pour les trois premiers épisodes de Rkod, maintenant, il faut trouver les investisseurs pour développer les deux séries ».

A la recherche d'investisseurs

Les co-fondateurs sont ouverts à tous les formats de télévision et ne se disent pas « anti-télévision ». « On veut devenir officiels, et on ne veut pas faire de concessions ou faire de la publicité pour avoir un salaire alimentaire. Le monde de la publicité est un amant jaloux, «  dit Daniel Habib en riant. « A terme, on espère même arriver à produire des longs-métrages mais les séries ne sont pas secondaires pour autant ».

S'ils essaient de se faire une place sur le marché libanais, les quatre créateurs espèrent néanmoins créer des vocations et voir cette niche encore peu exploitée au Liban s'ouvrir à la compétition. Et tous sont d'accord : « La compétition est quelque chose de sain, cela pousse les boîtes à s'améliorer, c'est encourageant et c'est ce dont on a besoin au Liban ! ».

 

Anaïs Renevier 

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