18/12/2014

I Am Nojoom, Roshmia et The Council récompensés à Dubaï

Le récit yéménite d’un divorce de mineure est récompensé, ainsi que deux documentaires qui suivent la vie de Palestiniens, écoliers comme âgés

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I Am Nojoom, Roshmia et The Council récompensés à Dubaï

Les prix de cette édition du festival du film de Dubaï ont été remis. Dans la catégorie long-métrage, c’est la première fois que le prix du Meilleur long-métrage de fiction est accordé à un film yéménite.

I Am Nojoom, Aged 10 and Divorced (lit. Je m'appelle Nojom, 10 ans et divorcée) de Khadija al-Salami (Yémen, Emirats arabes unis et France) est basé sur l’histoire vraie de Nojood Ali qui, à 10 ans à peine, a fait les gros titres en 2009 lorsqu’elle a fui son mariage forcé et s’est rendue devant la justice pour y faire une demande de divorce. Malgré les efforts répétés des militants des droits de l’Homme et le soutien que leur apportent certains législateurs, il n’existe pas encore d’âge minimum légal pour le mariage au Yémen.

C’est une cause qui est chère à la cinéaste, elle-même mariée de force à un proche beaucoup plus âgé alors qu’elle n’avait que 11 ans. Après avoir elle-aussi fui son mariage, elle a pu devenir indépendante en travaillant pour la télévision, puis dans le cinéma. Jusqu’à l’arrivée il y a peu de la cinéaste yéméno-écossaise Sara Ishaq (avec son court-métrage nominé aux oscars Karama Has No Walls et son documentaire Mulberry House), on parlait souvent de al-Salami comme étant la seule cinéaste féminine du Yémen.

Dans I am Nojoom, al-Salami condamne fermement le mariage des enfants en racontant l’histoire du point de vue de la petite fille, selon la journaliste du Hollywood Reporter Deborah Young. Mais « plutôt que de faire des hommes des monstres aux mœurs dépravées, al-Salami préfère les dépeindre en ignorant qu'ils sont esclaves de leurs coutumes et traditions. Selon ces dernières, la femme est une honte pour son foyer et la virginité d’une fille est le plus grand honneur de son père ». Victor Credi, qui a également tourné Winter of Discontent de Ibrahim el-Batout, a réalisé la photographie du film.nojoom

Le prix du Meilleur documentaire a été octroyé au film des Emirats arabes unis Nearby Sky et le prix du Jury a récompensé Roshmia de Jabal (Palestine, EAU, Qatar et Syrie). Le documentaire raconte l’histoire de Yousef (80ans) et de sa femme Amna qui vivent dans une cabane dans la vallée de Roshmia depuis 1956. Cependant, la municipalité de Haifa souhaite maintenant la démolir pour y construire une route. Le film a été monté avec l’aide de Michael Youssef, éditeur égyptien qui a également monté Mother of the Unborn de Salib, une production Hassala récemment récompensée à Abu Dhabi et Amsterdam.

Le film I'm Dead (Algérie et EAU), dans lequel Yacine Mohamed Benelhadj raconte l’histoire d’un voleur de voiture qui vole la mauvaise voiture, a reçu une Mention spéciale. Le documentaire The Council (Jordanie et EAU) de Yahya Abdallah, qui raconte l’élection du conseil d’école d’une école palestinienne en Jordanie, a également reçu une Mention spéciale.

Dans la catégorie court-métrage, le prix du Meilleur film a été octroyé à And Romeo Married Juliette, un film tunisien réalisé par Hinde Boujemaa. La Mention spéciale a été attribuée à In Overtime (Jordanie et Palestine) et à With Thy Spirit (Liban) de Karim Rahbani. 

 

Images : I Am Nojoom et Roshmia

Traduction : Laure Magnier

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