12/01/2012

Cinéma arabe, un an après

Le Printemps arabe a un an ou presque. Bilan des sorties en salle d’une année charnière

Industrie

Cinéma arabe, un an après

En Egypte, le bilan cinématographique est maigre : les cinéastes ne cessent de blâmer la révolution du 25 janvier pour cette carence de production réduite à moitié, soit 40 films l’an dernier contre 18 cette année. 10 films seulement ont été tournés depuis la révolution.

Le bilan de la Tunisie, pays précurseur des révolutions arabes a, lui, été plutôt positif avec une production plus abondante et plus riche qui est passée de cinq à dix films. « Nous avons produit cette année dix films et c’est un chiffre considérable pour la Tunisie, bien que la plupart d’entre eux ne traitent pas de la révolution et que le reste ait été écrit avant la fuite de Ben Ali », a commente la comédienne Nadia Boussetta qui a joué dans Histoires tunisiennes et s’apprête actuellement à tourner dans un film du réalisateur Mohamed Demq. Pour la chanteuse et comédienne Yasmine Aziz, cette production croissante est une sorte de rébellion, Ben Ali ayant tout muselé par la censure. Le réalisateur Nouri Bouzid, quant à lui, se prépare à la sortie en salle de son nouveau film, alors qu’Elyes Baccar vient de présenter son documentaire Rouge Parole sur la révolution tunisienne.

La Syrie poursuit elle-aussi son essor entamé depuis deux ans. La productions de films syriens est passée de deux films en 2010 à cinq cette année. Un chiffre assez faible pour un cinéma qui a légué de grands noms tels que  Moustapha Al-Aqqad, réalisateur du film Al-Ressala, Mohamed Malas ou encore la comédienne Kenda Allouch. Le dernier-né du cinéma syrien est le long-métrage de Saïd Joud, Mon dernier ami. La poursuite du travail est pour lui un défi lancé aux événements qui se déroulent sur le territoire syrien à l’heure actuelle. La Syrie a également présenté quatre autres films cette année dont Nawafez lelroh (les fenêtres de l’âme), d’Ammar Al-Ani et joué par Gamal Soliman dans le rôle d’une personne qui se remémore son passé et nous dévoile l’histoire de la Syrie.

Ces exemples prouvent que le cinéma a été mobilisé dans certains pays du « Printemps arabe » à l’heure des révolutions, à l’exception de l’Egypte où le slogan « pas de cinéma avant la stabilité » semble définir la situation cinématographique actuelle.

Walid Aboul-Séoud

Source: http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2012/1/11/arts3.htm

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