Dernières publications

Rapports sur le cinéma et l’audiovisuel en Egypte, au Maroc, au Liban, en Palestine, en Jordanie et en Algérie

Rapports sur le cinéma et l’audiovisuel en Egypte, au Maroc, au Liban, en Palestine,...

L’amélioration de la compréhension et le renforcement des marchés cinématographiques et audiovisuels constituent une des...
Ce Catalogue de Films pour promouvoir le cinéma arabe

Ce Catalogue de Films pour promouvoir le cinéma arabe

Le programme Euromed Audiovisuel a lancé un nouveau catalogue de longs métrages et documentaires produits entre 2011 et...

29/06/2012

Jérusalem lance sa série première série web

Ce jeudi, le premier épisode d'une toute nouvelle série de Jérusalem débarquera sur YouTube

Industrie, Israël

Jérusalem lance sa série première série web

La famille des séries web arabes compte un nouveau membre ! Après le lauréat libanais Shankaboot, Bath Bayakha de Jordanie et la série révolutionnaire syrienne Top Goon, place à la toute première série palestinienne : NossBalad, tournée à Jérusalem.

NossBalad, qui signifie littéralement «moitié d'un pays » en arabe, est la première série palestinienne spécifiquement tournée pour le web. Prenant place à Jérusalem, la série suit la vie d'une famille palestinienne en mettant l’accent sur le caractère absurde du quotidien des quatre enfants, de leur mère styliste célibataire et de leur grand-père.

« Nous n'aimons pas l'idée de Palestiniens pauvres », nous affirme Marianna Bianchetti, créatrice italienne de NossBalad enfilant pour la première fois le costume de productrice. Les médias montrent au monde extérieur des gens jetant des pierres, mais la vie quotidienne est très différente : «le gens ici pensent à étudier, à se battre avec leur famille, à tomber amoureux… Nous souhaitons mettre en évidence la normalité de ce lieu. »

Bianchetti, une Italienne qui travaille en Palestine depuis 2008 et organise des ateliers de théâtre et multimédia pour les jeunes Palestiniens, a récemment participé à la création du premier espace partagé dédié aux artistes de Jérusalem, Al Ma'mal LAB. C’est là que lui est venue cette idée de série en ligne. Mais elle nous explique elle n'aurait pas pu la développer sans l’équipe de jeunes cinéastes et d’acteurs de NossBalad.

Un de ces jeunes Palestiniens est Ahmad Bakri, 24 ans, coréalisateur de la série.

Bakri raconte à Euromed Audiovisuel qu’il a vu sa vie changer dans une école de théâtre et d’audiovisuel au cours de l’été 2008. L’école était organisée par la Coopération italienne pour laquelle Bianchetti a travaillé. Il a cessé d'étudier l'architecture et l'ingénierie, et a reçu une bourse pour étudier le cinéma numérique à l'Institut SAE en Jordanie. Aujourd'hui, il a mis son dernier documentaire en attente (The Neighbourhood’s Old Men, pour lequel il a pris part au programme de formation grec StoryDoc) pour coréaliser NossBalad conjointement avec le réalisateur italien Pietro Bellorini.

Il connaît les Jordaniens derrière le succès de la série web Bayakha Bath et estime que les Palestiniens peuvent en faire autant, en particulier avec du matériel provenant en grande partie de Palestine : «Nous sommes ceux qui créent les histoires », dit-il.

Le scénario de NossBalad traite selon Bianchetti de l'absurdité de la vie quotidienne à Jérusalem. Il est librement inspiré du roman autobiographique d’une architecte vivant à Ramallah, Sharon and My Mother-in-Law de Suad Amiri. L’écriture est l’œuvre du scénariste et comédien palestinien Hussam Abu Esheh, qui joue le grand-père dans la série et qui dirigeait l’un des ateliers italiens de théâtre et multimédia.

Les autres membres de l’équipe ont également proposé des idées en se basant sur leur vie quotidienne, et vont développer les dialogues et scénarios des neuf prochains épisodes au cours des prochains mois.

Pendant ce temps, Bianchetti continue à chercher des fonds pour le projet. Elle a approché des producteurs de télévision palestiniens et jordaniens, mais elle note qu’une web-série est toujours quelque chose de très nouveau pour une ancienne génération de producteurs palestiniens. Elle espère cependant que d’éminents hommes d'affaires palestiniens souhaiterontsoutenir ce projet visant à présenter au reste du monde, aux Arabes, et même Palestiniens n’étant pas autorisés à entrer à Jérusalem, un portrait plus juste et plus engageant de la ville décrite d’un seul point de vue aux informations. Chacun des dix épisodes de 12 minutes sera sous-titré en anglais.

NossBalad utilise jusqu’à présent habilement des ressources gratuites en ligne: un blog Wordpress comme site web, des comptes Twitter et Facebook pour promouvoir la série et une chaîne sur YouTube pour diffuser ses épisodes. Et le crowd-funding. À la fin de la semaine, après la deuxième projection du premier épisode à Jérusalem, l'équipe lancera une campagne de financement sur Indie Gogo.

«C'est une belle chose que quelqu'un en Europe ou aux États-Unis puisse nous soutenir, devenir producteur d'une certaine façon », affirme Bianchetti.

 

Noss Balad – bande-annonce :

partagez cet article par email imprimer cette page