22/05/2012

A Cannes les experts discutent de crowd funding

La première conférence du Programme Euromed Audiovisuel a rassemblé quatre talentueux experts du crowd funding, un outil unique de financement et de marketing pour les projets en ligne

Activités du programme, Evènements et festivals

Ces quatre experts, ce sont Tero Kaukomaa, producteur d’Iron Sky, Matthias Lavaux, fondateur de touscoprod.com, Roel van de Weijer, fondateur de CineCrowd et Thierry Baujard, fondateur et directeur général de peacefulfish. De nombreux professionnels venant du monde entier ont assisté à l’évènement à la Villa des producteurs à Cannes, afin d’en apprendre plus sur la technique du crowdfunding appliquée au cinéma, c'est-à-dire la collecte de fonds faisant appel à un large nombre d’internautes pour financer un projet de film.

Tero Kaukomaa a commencé la conférence en beauté, partageant son expérience en tant que producteur du sensationnel Iron Sky réalisé par Timo Vuorensola et financé à hauteur de 10% par les fans. Il a détaillé la fantastique épopée du film, partant de l’idée initiale germée dans son cerveau de petit génie de l’internet, même s’il avait déjà gagné une grande notoriété grâce à Star Wreck, sa parodie de Star Treck. Kaukomaa a expliqué comment ses aficionados lui ont permis de récolter 1 million de dollars, uniquement par le financement du crowd funding. Sa passionnante histoire illustre l’importance de ce marché de niche et la communication continue entre ces investisseurs privés et les professionnels du cinéma.

« Avoir autant de gens prêts à investir représente un atout considérable » a-t-il dit, « Une foule de personnes qui pense « c’est notre film » et se sent prête à le défendre. »

Matthias Lavaux, co-fondateur du site français de crowdfunding touscoprod.com, a pris ensuite la parole. Dans son intervention, il a détaillé les efforts nécessaires pour faire du crowdfunding un succès, et à quel point cela demande du temps : de deux à trois heures par jour pour récolter en moyenne 15 000 $. Lavaux a souligné l’importance de trois étapes : « Il faut tout d’abord convaincre vos amis, puis les amis de vos amis, et ainsi de suite jusqu’à toucher un maximum de personnes dans le monde ».

Tout le monde peut déposer son projet sur le site touscoprod.com, et choisir comment assurer un « retour sur investissement » à ses financeurs. Pour preuve du succès d’un tel procédé, il suffit d’aller jeter un coup d’œil vers deux des films en présentation à Cannes : Confession d’un enfant du siècle et Laurence Anyways. La version anglaise de touscoprod.com sera disponible dans les prochains mois.

Roel van de Weijer a ensuite présenté un site similaire de crowdfunding basé aux Pays-Bas et qu’il a lui-même fondé. Après qu’un ami l’ait contacté avec une idée de court-métrage, Van de Weijer a réalisé qu’il devait trouver de nouvelles méthodes de financement pour aider le projet à prendre vie. C’est ainsi qu’il créa CineCrowd, basé sur le modèle de Kickstart, une plateforme de crowdfunding américaine, et importa le concept aux Pays-Bas.

L’anecdote la plus incroyable de CineCrowd ? Lorsque le célèbre réalisateur Eddy Terstall, qui utilisa le site pour financer son court-métrage Deal et n’ayant pas atteint son but de 20 000$ de financement, décida de lancer ses « Eddy’s Twit Flicks », des films personnalisés d’une minute maximum à destination de chaque investisseur. L’initiative créa le buzz et permis de récolter assez de fonds pour transformer Deal en un long-métrage, qui sera diffusé cette année au festival du film néerlandais.

« Si vous faites ça pour l’argent, alors laissez tomber » a conseillé van de Weijer. « Si vous faites ça pour le marketing, la publicité, alors allez-y, démarquez-vous, soyez unique, affirmez-vous. »

Thierry Baujard et son œil d’expert sur le crowdfunding a conclu la conférence. Sa société, peacefulfish, apporte des services de conseils en financement  de films.

Pour le moment, les investisseurs de l’industrie audiovisuelle ne considèrent pas le crowdfunding comme une raison valable pour investir dans un projet, a-t-il dit, mais leur frilosité réside essentiellement dans l’incertitude qui entoure ces nouvelles techniques.

Selon Baujard, la Commission européenne a commencé récemment à considérer le crowdfunding comme « un bon moyen de financement alternatif, en vue d’harmoniser le marché. » La Commission commence à se demander si elle doit harmoniser le marché, et si cela facilitera l’accès de tous à l’investissement.

 

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